Génocide des Tutsi au Rwanda: un rapport accable la France de François Mitterrand

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"Responsabilité accablante", rôle central de François Mitterrand, lanceurs d'alerte peu écoutés et militaires sur le terrain désemparés: le rapport d'une commission d'historiens dresse un tableau précis et documenté sur le rôle de la France dans le...
génocide des Tutsi au Rwanda, en 1994.

Voici les principaux points de ce rapport de plus de 1.000 pages, qui compile un travail de plus de deux ans à partir de l'ensemble des archives existantes, dont certaines n'avaient jamais été consultées.

La France, responsable mais pas complice

C'est la conclusion choc du rapport: les autorités françaises portent "des responsabilités lourdes et accablantes" dans la dérive ayant abouti au génocide des Tutsi en 1994.

Les responsabilités sont avant tout "politiques", avec un "aveuglement" face au "régime raciste, corrompu et violent" du président hutu Juvénal Habyarimana et ce, malgré des "alertes".

"En France, à l'inquiétude de ministres, de parlementaires, de haut fonctionnaires, d'intellectuels, il n'est répondu que par l'indifférence, le rejet ou la mauvaise foi", assène le rapport.

Les responsabilités sont également "intellectuelles", avec selon le texte une "obstination" à défendre une lecture ethnique du conflit rwandais dans les années précédant le génocide.

Est pointée l'incapacité des décideurs à penser le génocide et à le distinguer des massacres de masse, notamment.

L'action de la France au Rwanda à cette époque est ainsi présentée comme une "faillite".

Selon le rapport, "rien ne vient démontrer" toutefois qu'elle s'est rendue "complice" du génocide qui a fait au moins 800.000 morts selon l'Onu.

"Si l'on entend par là une volonté de s'associer à l'entreprise génocidaire, rien dans les archives consultées ne vient le démontrer."

Mitterrand, tête pensante de la politique française au Rwanda

Le rapport accable tout particulièrement le président français de l'époque, François Mitterrand, décédé en 1996, et son soutien total et durable au président Habyarimana.

"Jamais dans les archives consultées par la Commission, un document n'atteste que le président rwandais ait été désavoué par son homologue français", peut-on lire.

"L'alignement sur le pouvoir rwandais procède d'une volonté du chef de l'État", pointe…
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