Archie Shepp, celui qui fait souffler le vent de l'histoire du jazz

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«Dans ma musique, il y a un message pour la libération et la justice de mon peuple.»
Archie Shepp « est la mémoire babélienne du jazz », dit de lui un spécialiste. À 83 ans, le saxophoniste de légende publiait vendredi Let my People Go, un disque auquel Le Devoir a accordé quatre étoiles, dans lequel le conteur digresse sur des classiques qui fondent l'histoire de la musique afro-américaine. « Babélienne, parce qu'il couvre une grande partie du spectre de la musique noire américaine. Depuis le gospel qu'il chante magnifiquement, jusqu'au free jazz, il a épousé de nombreuses phases de cette musique », détaille l'écrivain-journaliste français Franck Médioni.

Après avoir expérimenté le free radical à l'aube des années 1960 à New York avec le pianiste Cecil Taylor, essayé vainement de sonner comme John Coltrane, Archie Shepp va trouver son style : il improvise, au ténor ou au soprano, en faisant preuve d'audace et d'avant-gardisme tout en s'enracinant dans la tradition du chant, celui dunegro spiritual et du blues.

« J'ai trouvé que les Noirs ne s'intéressaient pas trop aux musiques d'avant-garde, le public pour ce genre demusique était toujours composé de Blancs », raconte à l'AFP Archie Shepp depuis sa maison d'Ivry-sur-Seine, au sud de Paris, où il vit avec son épouse, ancienne productrice à France Culture.

« Après avoir quitté Cecil Taylor, j'ai de plus en plus cherché du côté du blues, qui swingue, parce que je voulais attirer vers ma musique plus de Noirs. C'était un…
Christophe Cheynier
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