Comprendre l'eczéma atopique, cette maladie qui gâche la vie de milliers de personnes

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assez facile
Pour son prochain Lab Santé, La Dépêche du Midi vous propose de mieux comprendre l'eczéma atopique. Cette affection touche autour de 7 % des adultes et 15-20 % des enfants.
l'essentiel

Pour définir l'eczéma atopique ou dermatite atopique, il ne suffit pas de dire que ça démange. Il faut d'abord parler de maladie chronique.

C'est la première chose que le Dr Marie Tauber, dermatologue à l'hôpital Larrey (CHU de Toulouse), explique à ses patients. « Ils souffrent d'une maladie chronique, au même titre que le diabète ou l'asthme. Ils ont besoin de l'entendre, ça les soulage et les déculpabilise. Ils ne doivent pas sortir désespérés de notre consultation, des traitements existent », raconte le médecin.

Maladie de la peau qui touche jusqu'à 20 % des enfants - majoritairement avant l'âge de deux ans - et autour de 7 % des adultes dans les pays développés (en France 15 % des enfants et 5% des adultes), la dermatite atopique se manifeste par des démangeaisons, des squames (fragments de cellules qui se détachent de la surface de la peau) voire des suintements au niveau des plis, des mains, des bras ou du visage. Dans les cas les plus sévères (100 000 adultes en France), ces démangeaisons et les douleurs cutanées altèrent considérablement la qualité de vie du patient (sommeil, irritabilité, estime de soi).

"La prise en charge, un challenge"

«Le diagnostic est facile à poser mais la prise en charge est un challenge », souligne le Dr Marie Tauber qui doit d'abord lutter contre ce qu'elle nomme la «corticophobie», soit la peur de nombreux patients vis-à-vis des traitements par crèmes à base de cortisone. Même chose pour le Dr Isabelle Gardinal-Galera dans sa consultation dédiée aux enfants. « Ces crèmes sont très efficaces dans 90 % des cas mais elles font peur aux parents qui n'osent pas appliquer la quantité nécessaire et qui sont perdus face aux schémas qui varient selon les professionnels de santé. Cette maladie peut s'inscrire dans le temps, il faut les mettre à l'aise avec les traitements », déclare la dermatologue spécialisée en dermo-pédiatrie.

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Emmanuelle Rey
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