Influence du futur, transhumanisme… Ce que nous aura appris le confinement, par Philippe Guillemant

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Dans un nouvel ouvrage collectif, l'ingénieur physicien et chercheur au CNRS Philippe Guillemant présente sa vision de la nature profonde de la crise du coronavirus. Une lecture éclairante et inspirante... indispensable pour envisager sereinement l'année à venir.
"Bas les masques !", c'est le titre d'un ouvrage collectif dirigé par Arnaud Riou, qui a tendu la plume à des spécialistes de tous horizons, qui ont en commun de parler de spiritualité. Voici, en extrait, le texte de Philippe Guillemant, chercheur post-matérialiste qui mène aujourd'hui une recherche fondamentale en physique de l'information visant à réviser notre conception de l'espace-temps en lui octroyant une flexibilité et des dimensions supplémentaires liées à notre conscience.

L'influence du futur

"Je vais essayer de dégager le sens profond de la crise du coronavirus et ce qu'elle peut nous apprendre, en tant que physicien, auteur d'une théorie du temps selon laquelle notre futur est déjà réalisé mais pas de façon définitive. Selon cette thèse, un changement d'orientation de notre futur collectif peut effectivement être responsable d'un événement extraordinaire et tout à fait imprévu.

La « présence du futur » est une théorie tout à fait sérieuse et même dominante en physique : c'est la théorie de l'univers bloc, qui fait néanmoins encore débat car elle empêche toute possibilité au futur de changer. Il y a ainsi deux grands points de vue sur cette question, selon que l'on croit ou non au libre arbitre :

– le futur est figé et nous avons donc un destin impossible à modifier, comme le propose par exemple le physicien Thibault Damour ;

– le futur est déjà là mais assez peu configuré pour qu'on puisse encore l'investir avec des idées, des projets, des représentations, des désirs, comme l'envisage le physicien Étienne Klein.

Remarquons que ces deux propositions ne sont pas nécessairement incompatibles, si l'on considère par exemple le cas où le futur change, puis reste ensuite figé pendant un certain temps. Il faut bien, en conséquence, que le nouveau futur nous influence pour nous attirer vers lui et il est alors probable que l'ancien futur résiste. Il existe alors un moment de bascule, mais une telle bascule entre ancien et nouveau futur n'est possible que…
Julie Destouches
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