Les ambitions internationales du FLQ | Radio-Canada.ca

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Le FLQ a bien failli devenir complice d'un attentat de type « 11 Septembre »... version 1965! Dans les années 1960, des membres du FLQ fraternisaient avec des révolutionnaires américains, cubains ou palestiniens. Enquête vous fait revivre leur engagement dans la révolution mondiale.
Cette année-là, un groupuscule afro-américain clandestin avait planifié le dynamitage des grands symboles des États-Unis : la cloche de la Liberté de Philadelphie, l'obélisque de Washington et rien de moins que la statue de la Liberté!

Pour obtenir des explosifs, le Black Liberation Front s'était tourné vers un groupe qui faisait parler de lui au Canada : le Front de libération du Québec (FLQ)...

L'action terroriste du FLQ avait débuté deux ans auparavant, en 1963, avec le dynamitage de boîtes aux lettres dans la très anglophone municipalité de Westmount, et par des attaques contre des symboles du colonialisme britannique, comme la statue de la reine Victoria. Au fil des attentats, le FLQ avait constitué un arsenal composé de bâtons de dynamite volés sur des chantiers de construction, notamment ceux du métro de Montréal.

Deux jeunes Québécoises ont servi d'intermédiaires entre le groupe du Québec et celui des États-Unis.

Michelle Duclos travaillait dans les médias québécois dans les années 1960. Photo : Radio-Canada / Illustration Jasmin Simard

L'une d'elles, Michelle Duclos, était présentatrice au Canal 10, la chaîne de télévision privée de Montréal. Militante du Rassemblement pour l'indépendance nationale (RIN), elle avait été adjointe de son chef, Pierre Bourgault. Duclos s'était rendue en Algérie, pays tout juste affranchi de la colonisation de la France en 1962 et dont la lutte armée avait inspiré des mouvements semblables ailleurs dans le monde. Michelle Duclos avait confié à son retour rêver d'une « lutte québécoise sur un mode algérien ».

L'autre Québécoise, Michèle Saunier, amie de la première, était aussi une militante du RIN. Séduite par la révolution qui avait porté Fidel Castro au pouvoir à Cuba en 1959, elle avait visité ce pays où elle avait fait la connaissance de Robert Collier, fondateur et chef du Black Liberation Front. C'est par Saunier que Collier avait appris que le FLQ pouvait se procurer de la dynamite. Ce dernier devait rappliquer à…
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