Portrait de Bernard Maris par Normand Baillargeon (1998)

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Oncle Bernard chez les requins (Le Devoir, 6 juillet 1998) In Memoriam, et avec amitié. Baillargeon, Normand Je n'aurais manqué pour…
Oncle Bernard chez les requins (Le Devoir, 6 juillet 1998) In Memoriam, et avec amitié.

Baillargeon, Normand

Je n'aurais manqué pour rien au monde une rencontre avec Bernard Maris, lauréat d'un prix de meilleur économiste de France en 1995. Je l'aurais parié: il est tout à fait à l'image que je m'étais faite de lui, à fréquenter ses écrits depuis de années. Drôle, iconoclaste, engagé, passionné de culture et de littérature, Maris est un oiseau rare dans le monde austère et froid des économistes. Pour faire le portrait de cet oiseau, on ne peint surtout pas une cage, fût-ce avec une porte ouverte: on le laisse virevolter, à son gré. Résultats étonnants et bonheurs garantis.

Auteur de savants ouvrages d'économie, Maris vous parlera ainsi longuement et passionnément de littérature. Il y a deux ans, il a même publié un premier roman, qui a été fort bien accueilli: Pertinentes questions morales et sexuelles dans le Dakota du Nord. Il s'apprête à en publier un deuxième et le troisième est déjà en chantier, qui nous ramènera au Cambridge des années 30 et aura Keynes comme personnage principal. Maris explique ses incursions dans la littérature: «Le roman donne un degré de liberté supplémentaire dans l'expression, un degré de liberté que ne peut donner que le roman. Je continuerai à réfléchir sur l'économie, bien sûr. Mais quand je veux vraiment comprendre un problème de fond dans la société, je suis obligé d'aller vers le roman. Si je veux comprendre ce que c'est que la richesse, je ne vais pas dans un livre d'économie: je vais dans Balzac. Si je veux comprendre ce que c'est que la création scientifique, je vais dans Vie et destin de Grossman. Et ainsi de suite, sans rien dire de l'amour ou de la mort, qui ne peuvent être décrits que par le roman et la littérature.»

Maris s'est fait connaître en 1991 par un virulent brûlot consacré à l'université, Les Sept Péchés capitaux des universitaires. Ce livre devait jouer un rôle important, puisque c'est par lui que s'amorça…
Normand Baillargeon
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