L'exil suisse de Coco Chanel avant sa renaissance

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Révolutionnaire de la mode, mais très conservatrice politiquement, Gabrielle Chanel a vécu une dizaine d'années sur les bords du lac Léman.
La pierre tombale de Coco Chanel au cimetière de Bois-de-Vaux. Keystone / Laurent Gillieron

C'est à Lausanne qu'est enterrée Coco Chanel, décédée il y a tout juste 50 ans. Révolutionnaire de la mode, mais très conservatrice politiquement, Gabrielle Chanel a vécu une dizaine d'années sur les bords du lac Léman pour échapper aux éventuelles conséquences de sa collaboration avec les nazis.

Ce contenu a été publié le 10 janvier 2021 - 11:45

Thomas Stephens Né à Londres, Thomas a travaillé comme journaliste pour The Independent avant de s'installer à Berne en 2005. Il parle les trois langues officielles de Suisse et aime voyager dans le pays pour les pratiquer, en particulier dans les pubs, les restaurants et les gelateria. En savoir plus sur l'auteur.e | Rédaction en langue anglaise

«Coco Chanel ne buvait que du champagne», racontait à la télévision suisse (RTS) un barman de l'hôtel Beau-Rivage Palace, où elle avait une suite.

Le luxueux hôtel lausannois était la moindre des résidences pour la créatrice de mode qui avait connu un succès phénoménal après la Première Guerre mondiale. Un luxe à mille lieues de l'hospice de Saumur où Gabrielle Chasnel (de son vrai nom) voit le jour en 1883 et de l'orphelinat où elle grandit et apprend la couture.

Grâce à sa vision avant-gardiste et féministe, à son travail acharné et aux liens qu'elle a noués dans la «Café Society», la jet-set des Années folles, l'intrépide entrepreneuse emploie en 1935 quelque 4000 personnes et possède cinq boutiques dans le centre de Paris. Sans compter la ligne de parfum qu'elle lance dès 1921 avec le mythique N° 5.

Mais à la fin de la Deuxième Guerre mondiale, ses accointances avec l'ennemi (voir encadré) deviennent pesantes. Elle avait aussi fermé sa maison de couture dès la déclaration de guerre en 1939 et licencié l'ensemble de ses 4000 employées qui avaient eu le toupet de participer aux grèves de 1936. En 1945, elle prend donc un aller simple pour la Suisse romande, comme d'autres collabos…
Thomas Stephens
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