Attentats de Paris : pourquoi les services de sécurité ont failli

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assez facile
C'est une des questions qui sera aussi posée lors du procès hors normes des attentats de novembre 2015 : comment une attaque aussi massive a-t-elle pu se produire en plein Paris ?
Après les attentats de janvier 2015 (Charlie Hebdo, Montrouge et Hyper Cacher ; 17 morts), plusieurs responsables de l'antiterrorisme alertent, notamment dans nos colonnes : « On s'attend à un choc (…). À des actions d'ampleur, incomparables à celles menées jusqu'ici. » Il suffit alors de lire les organes de propagande jihadiste, qui multiplient les appels à frapper la France, conseils techniques et cibles à la clé (centres commerciaux, salles de spectacle, sites touristiques).

Services saturés

Malgré le précédent de janvier, malgré les alertes, rien ne viendra empêcher le scénario du pire, qui survient le 13 novembre 2015 (130 morts, 413 blessés). Pas même le fait que tous les kamikazes du commando jihadiste étaient… connus et fichés. Malgré cela, le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, assure alors qu'aucune faille ne peut être pointée dans le dispositif de renseignement.

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Les clignotants sont pourtant au rouge depuis des mois. Les signalements saturent les services. Depuis 2012, la proximité du théâtre syrien a démultiplié le nombre de candidats au jihad. La cause islamiste attire toujours plus de laissés-pour-compte, en quête d'un autre « modèle de société ». Le renseignement français, lui, a perdu ses précieux capteurs de proximité (et leur savoir-faire), avec la fusion des RG et de la DST en 2008.

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Hervé Chambonnière
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