Biodiversité : Pourquoi les « invasions biologiques » coûtent (vraiment) très cher à la France

www.20minutes.fr
lecture 5 min
standard
Découvrez, chaque jour, une analyse de notre partenaire The Conversation. Aujourd'hui, un chercheur nous explique l'impact de certaines espèces sur les écosystèmes
Les invasions biologiques forment un paradoxe vraiment intéressant. Même si on en parle assez peu dans le débat public, elles n'ont rien d'anodin. Il s'agirait même de la seconde menace pesant sur la biodiversité, devant le changement climatique.

Ces invasions induisent nombre de dégâts, dans des domaines aussi variés que celui de l'agriculture ou de la santé.

À Madagascar, la déforestation massive laisse des paysages de désolation © Cunningchrisw / Wikimedia, CC BY-SA 4.0

Et pourtant, on en parle assez peu. Tout le monde connaît les risques du changement climatique, de la déforestation ou de la pollution, mais beaucoup moins les invasions biologiques, pourtant au moins aussi problématiques pour l'environnement. Alors pourquoi en parle-t-on si peu ?

Pour les chercheurs spécialisés sur la question, comme ceux de mon équipe, une des explications réside dans le fait qu'il s'agit d'un processus plus complexe à appréhender et beaucoup moins intuitif que ceux imputables à la déforestation ou à la pollution.

Des exemples en pagaille

Les invasions biologiques désignent des introductions d'espèces, volontairement ou non, dans une autre région que celle dont elles sont natives, et dont la prolifération cause de multiples dommages à la biodiversité.

Si on cite souvent le ragondin ou à l'écrevisse de Louisiane, ces deux exemples ne représentent toutefois qu'une infime proportion des milliers d'espèces dites « envahissantes » dans le monde. Cela peut être des microbes, des champignons, des plantes ou des animaux…

Ragondin dans une zone protégée de la Hesse (Allemagne) © R. Nagel / Wikimedia, CC BY-SA 3.0

Leurs impacts sont ainsi très variés et concernent la santé, le tourisme, l'immobilier, la foresterie, des pêcheries, etc.

Prenons l'agriculture, par exemple. D'innombrables espèces peuvent détruire les cultures, les stocks ou les infrastructures, à l'image du désormais célèbre doryphore, ce joli scarabée du Colorado arrivé en Europe au XIXe siècle ; ses ravages sur…
20 Minutes avec The Conversation
Lire tout l'article