Maltraitance animale : comment les abattoirs freinent l'application des réformes

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Plusieurs mesures pour éviter la maltraitance des animaux en abattoirs, comme la vidéosurveillance, ont été adoptées il y a un peu plus d'un an. Sauf qu'aucune ne fonctionne vraiment.
Capture d'écran d'une vidéo de L214 sur YouTube, tournée à l'abattoir Sobeval en Dordogne en février 2020. (L214 / YOUTUBE)

"Nous allons expérimenter la vidéosurveillance dans les abattoirs." Voilà quelle était la promesse du ministre de l'Agriculture de l'époque, Stéphane Travert, lors de l'adoption de la loi alimentation (loi Egalim) le 30 octobre 2018. Cette loi devait rééquilibrer les relations entre agriculteurs et distributeurs, mais aussi améliorer le bien-être animal, en particulier dans les abattoirs, visés régulièrement par les vidéos de l'association L214. Sauf que près d'un an et demi après l'adoption de cette loi, l'expérimentation de la vidéosurveillance ne concerne que… trois abattoirs. Rappelons que la France en compte près d'un millier : 265 abattoirs de boucherie (pour les moutons, bœufs, porcs, chevaux, etc.) et 669 abattoirs de volailles et lapins.

"On ne pourra pas se contenter de gens qui nous disent qu'ils ne veulent pas s'équiper", promettait pourtant le ministre de l'Agriculture en mai 2018. De même, en 2016, devant la commission d'enquête de l'Assemblée nationale, le président de la Fédération nationale des exploitants d'abattoirs prestataires de services (FNEAP), Éric Barnay, estime que "l'installation de ces caméras ne posera pas de problème". Et il assure alors: "Beaucoup de nos adhérents y sont disposés."

Comment expliquer alors un tel fiasco ? "Il est possible que les abatteurs ne voient pas de réelle plus-value à entrer dans cette expérimentation", répond sobrement le ministère, qui promet que d'autres abattoirs peuvent rentrer dans l'expérimentation, tout en annonçant que "les candidatures ont été closes le 26 janvier dernier". Il y a certes les réticences de certains syndicats de salariés, notamment FO, qui dénoncent un flicage."J'avais sous-estimé l'opposition des salariés", estime le député LREM Loïc Dombreval, président du Groupe d'études condition animale à l'Assemblée. Il souhaitait rendre la vidéo obligatoire, mais il a…
franceinfo
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