Tour de France : le "train" en montagne, l'arme absolue pour écraser la course

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Vous vous ennuyez à regarder les Jumbo-Visma grimper en file indienne en montagne, en tête du groupe des favoris ? C'est malheureusement une tactique très efficace et vieille comme les bobs Cochonou pour remporter le Tour.
Vous vous ennuyez à regarder les Jumbo-Visma grimper en file indienne en montagne, en tête du groupe des favoris ? C'est malheureusement une tactique très efficace et vieille comme les bobs Cochonou pour remporter le Tour.

Le sommet du Grand Colombier s'annonçait comme la grosse attraction de la deuxième semaine du Tour de France. Un col interminable de plus de 17 km, à avaler après avoir subi les pourcentages stratosphériques de la montée de la Selle de Fromentel, 8% en moyenne avec une pointe à 22%. De quoi écrémer les équipes et laisser les leaders s'expliquer entre eux sur la dernière ascension. Sur le papier, le plan de Christian Prudhomme était parfait. Sur l'asphalte, dimanche 13 septembre, rien ne s'est passé comme prévu.

L'équipe du maillot jaune Primoz Roglic, Jumbo-Visma, a pris les commandes du groupe des favoris pour les garder et déposer son leader à 800 mètres de l'arrivée. A l'arrière, les dégâts sont terribles : le vainqueur de 2019, Egan Bernal, accuse un débours de 7 minutes à l'arrivée et abandonne le Tour le lendemain.

Dans le jargon, on appelle ça un "train". Les coureurs de l'équipe du leader se mettent en file indienne, durcissent le rythme et fournissent les uns après les autres un effort soutenu pour mettre dans le rouge les autres équipes. Celui qui passe le moins bien les bosses roule en premier, et ainsi de suite, jusqu'à l'équipier de luxe qui se balade en montagne. Les suiveurs du cyclisme ont eu tôt fait de comparer la tactique de la formation néerlandaise à l'US Postal de Lance Armstrong ou à la Sky, époque Chris Froome.

La légende du "train bleu"

Pascal Deramé a fait partie du redoutable "train bleu" de l'équipe d'Armstrong lors de sa première victoire en 1999. A l'entendre, ça paraît tout simple. "On avait des objectifs. Moi, j'avais le droit d'être le premier à mener le train, raconte celui qui devait être le moins bon grimpeur du lot. L'idée était que j'assure le tempo lors du premier col." Ensuite, le Français mettait le…
Pierre Godon
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