"Votre œuvre me rend fier d'être Français" : lettre d'un jeune lecteur à M. Tillinac

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Cher Monsieur Tillinac, Je suis furieux. Ne souriez pas, tout cela est très sérieux. Comment osez-vous nous laisser ainsi ? Vous n'avez pas honte ? Partir comme cela, sans prévenir quiconque, en une expiration. C'est dégueulasse. Vous devez être fier n'est-ce pas ? Votre plus belle provocation, sans doute ? Bon, je me calme. M'enfin tout de même…
Cette lettre n'est pas un éloge funèbre mais un remerciement de la part d'un jeune lecteur qui, grâce à l'écrivain, disparu ce samedi 26 septembre, a découvert ce qu'est le courage, la camaraderie, le plaisir aristocratique de déplaire.

Cher Monsieur Tillinac,

Je suis furieux. Ne souriez pas, tout cela est très sérieux.

Comment osez-vous nous laisser ainsi ? Vous n'avez pas honte ? Partir comme cela, sans prévenir quiconque, en une expiration. C'est dégueulasse. Vous devez être fier n'est-ce pas ? Votre plus belle provocation, sans doute ?

Bon, je me calme. M'enfin tout de même…

Si vous le voulez bien, je parlerais de vous au présent. Votre œuvre est inscrite dans l'éternité, aussi bien dans les librairies huppées de Saint-Germain-des-Prés que dans les tiroirs des tourneurs-fraiseurs d'Indre-et-Loire, de Corrèze. On verra donc plus tard pour le passé.

Cette lettre n'est pas un éloge funèbre - vous vous seriez moqué - mais un remerciement de la part d'un jeune lecteur. Remerciement de m'avoir façonné lors de mes études, de m'avoir donné le goût des autres, de m'avoir fait découvrir ce qu'est le courage, la camaraderie, le plaisir aristocratique de déplaire. Quitte à se mettre quelques personnes à dos. Quitte à essuyer la bave de ceux pour qui la vie n'a d'intérêt que lorsqu'elle est morale,…
Edouard Roux
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